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  La fin d'une belle histoire
 


VENDREDI 30 OCTOBRE

Depuis maintenant une semaine, Olivier savoure les délices des terres brésiliennes et surtout son immense satisfaction vécue tout au long de son aventure. Les tracas du début de course étant depuis belle lurette relégués au rang de l'anecdotique.
Au lendemain de la remise des prix, le skipper de Cap Monde pouvait mettre un point final à cette envie irrépressible qui le titillait depuis de si longs mois : « Je rêvais de courir cette troisième transat sur un proto. Voilà, c'est fait, mission accomplie. Maintenant, je vais pouvoir régater sur les bateaux des autres... Ma sixième place sur la deuxième étape est conforme à l'étiquette de bon outsider que j'avais au départ de La Rochelle mais c'est aussi une sorte de remerciement pour tous les personnes qui m'ont aidé et supporté dans mon projet. Ils se reconnaîtront. »


Le plaisir de naviguer a donc toujours été présent. « Surtout après le Pot au Noir où je me suis bien battu avec ce bateau qui glisse tout seul. C'est une incroyable satisfaction de savoir qu'on peut y arriver quand on se bagarre, que ça paye quand on se donne à fond. Et puis cette douzième place au général alors que j'avais quitté La Rochelle avec presque 48 heures de retard est aussi quelque chose d'important pour moi, » rappelle-t-il avec un large sourire. Cette même banane qu'il va pouvoir afficher pendant longtemps : « Devant moi à Bahia, il n'y a que les favoris. Des personnes qui naviguent à longueur d'année. Derrière moi, il y a également des bons. En ce sens, je ne peux qu'être ravi. Maintenant, il va falloir que je me remette au boulot... »


Alors qu'il apprête son bateau pour le convoyage en cargo vers la France, ce dernier étant dès à présent mis en vente, Olivier ne ressent pas de vague à l'âme : « L'histoire est terminée. J'ai bien profité de ma dernière journée de navigation avec lui. C'était un au revoir en quelque sorte. Non, il n'y a aucune nostalgie. Je fais en sorte que son futur propriétaire est un bateau en super état. Et actuellement il serait prêt à repartir pour une nouvelle transat. »

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  Heureux
 


LUNDI 26 OCTOBRE

« C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases, » disait Michel Audiard dans les Tontons flingueurs. Et Dieu sait si la diarrhée verbale colle de façon irrépressible à ceux revenus d'un éprouvant voyage hauturier. Nourriture exotique, boissons citronnées, touffeur ambiante ? Non, en arrivant dans les premiers d'une course comme la Transat Charente-Maritime Bahia, l'on se doit de partager ses émotions avec tous les poursuivants venant amarrer leurs fiers destriers le sourire jusqu'aux oreilles. Ecouter, parler, parler, rire avec tous de ses erreurs, penser parfois béatement aux moments de pur bonheur, refaire son parcours à l'envi en y glissant à chaque fois une nouvelle anecdote.

Et bien voilà. Olivier, depuis son arrivée vendredi en sixième position de cette deuxième étape de plus de 3000 milles, reste sur son nuage et fait des phrases. Cette troisième participation, il n'est pas prêt de l'oublier alors qu'au bout de la nuit résonnent encore les percussions des Blocos et Afaxés du Pelourinho de Salvador. « J'ai du mal à exprimer le plaisir que j'ai eu pendant toute la traversée sur ce bateau incroyable. Surtout sur la fin de l'épreuve. Cap Monde glissait comme une planche de surf. En gérant mon rythme, je n'avais pas la sensation du temps qui passait. Un peu comme pour le coureur de fond, le point de côté disparait au bout d'un moment, » narrait-il hier alors qu'il s'apprêtait à se rendre sur l'île de Boipeba pour quelques jours de repos.

Et ce fameux Pot au Noir, gare centrale de tous les espoirs mais aussi des désillusions ? « Je crois avoir joué de malchance. C'est incroyable le nombre de bateaux que l'on peut croiser pendant la course. À un moment donné, je suis avec Sébastien Picault (Kickers) et François Cuinet (PLAN Jardin) derrière moi. Je vais m'allonger et en me réveillant, ils avaient disparu. J'étais resté scotché sous un nuage. J'étais vert. Et l'attente a été longue. Heureusement, le finish a été différent. Avant l'archipel de Fernando do Noronha je commence à en doubler quelques uns. Et j'allais vite. Même si je ne les voyais pas, je savais que j'étais en train de faire une performance. »

Olivier sera présent jeudi à Salvador pour la remise des prix officielle de cette 17e édition de la Mini Transat. Pour encore refaire des phrases...

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  Une arrivée flamboyante
 


VENDREDI 23 OCTOBRE

En franchissant la ligne d'arrivée en sixième position à 8 h 32 ce matin heure française, dans la moiteur brésilienne, Olivier vient de signer une performance plus que remarquable. Treizième le week-end dernier après une reptation dans le Pot au Noir diaboliquement néfaste pour lui, il a en effet constamment grignoté des milles sur ses devanciers pour terminer en beauté dans la baie de Tous les Saints, en s'offrant en dernier lieu le scalp d'un Fabien Despré (Soitec) n'en pouvant mais.

Olivier, n'en doutons pas, doit être encore en train de savourer sa dernière semaine folle de glissade et les mots doivent s'entrechoquer avec ses camarades de jeu arrivés avant lui. Et en premier lieu, avec Thomas Ruyant (Faber France), le grand vainqueur de cette 17e édition de la Mini Transat dont le plan Finot-Conq n'est autre que le sister-ship de son Cap Monde 2.

Le temps de course d'Olivier sur la deuxième étape entre Funchal et Salvador de Bahia est de 19 jours, 15 heures et 30 minutes, à la vitesse moyenne de 6,64 noeuds.

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  La messe est dite
 


LUNDI 19 OCTOBRE

Le constat était lourd ce matin. 172 milles de retard sur un Thomas Ruyant (Faber France) rugissant et une treizième place au classement général proto de 9 h de cette deuxième étape entre Funchal et Salvador de Bahia. Autant dire que la messe était dite pour les espoirs de performance d'Olivier. Le Pot au Noir a bel et bien été la chausse-trape tant redoutée. Au petit jeu de la roulette russe, Cap Monde s'est retrouvé englué dans les caprices d'Eole à l'entame du week-end dernier. Laissant malheureusement ses adversaires plus fortunés prendre la poudre d'escampette.

Cinq heures plus tard, la progression d'Olivier démontrait qu'il possédait encore tout son potentiel. Conservant une bonne moyenne supérieure aux 10 noeuds, il avait laissé dans son tableau arrière le Sud-Africain Matt Trautman (Mini Mac) et son compagnon de galère de vendredi dernier, Nicolas Boidevezi (Défi GDE). Il avait qui plus est seulement un mille de retard sur Franck Colin (Loukkoummama) pour réintégrer le Top ten.
Pour cette dernière ligne droite, alors que sur son frêle esquif il n'est pas au courant des classements, il lui reste à doubler Fernando do Noronha qu'il doit laisser à tribord avant de pouvoir apercevoir les premières terres brésiliennes.

Si le club des cinq semble maintenant intouchable, Olivier peut se refaire une santé et grignoter petit à petit des milles sur ses petits camarades de jeu. Le sixième au pointage de 14 h, Sébastien Picault (Kickers), n'étant qu'à une quarantaine de milles devant lui.

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  Au gré des grains
 


VENDREDI 16 OCTOBRE

Le pot-pourri d'airs alambiqués égraine depuis trois jours des classements aussi incertains que bizarroïdes. À ce petit jeu du qui perd perd, Olivier est pointé en treizième position ce matin au flot de 5 h, à 40 milles de Thomas Ruyant (Faber France), le leader. Cinquième il y a peu, le skipper de Cap Monde subit ainsi l'aléatoire de la zone de convergence intertropicale où l'atmosphère lourde, humide et électrique tape sur le système. Si le communiqué de l'organisation d'hier laissait entendre qu'Olivier et son compagnon de route, Nicolas Boidevezi (Défi GDE), avaient été chassés du Top Ten pour avoir trop dormi, force est de constater que leur vitesses moyennes respectives sur 24 heures n'avaient rien à envier au autres concurrents. La nonchalance n'était donc pas de mise.

Le but du jeu étant de finir premier à Salvador de Bahia, la route vers des vents plus soutenus doit être choisie avec raison. Comme Olivier le disait avant le départ de Funchal, il faut définir une option et ne pas en démordre. Et donc ne pas s'égailler au gré des grains et des caprices d'Eole. Faire de la route c'est bien, mais encore faut-il la tracer dans le bon sens... Sa trajectoire au plus près de la route directe démontre en tous les cas qu'il s'en tient à ces préceptes.

1300 milles sont encore devant son étrave. De quoi parier sur sa bonne étoile. Ne connaissant pas le classement car celui-ci n'est pas communiqué aux concurrents par l'organisation, les effets yoyo ne viennent pas en plus perturber son jugement. Dans la touffeur ambiante, alors que les profondeurs hadales défilent à la vitesse de la cire, Olivier a encore largement son mot à dire sur cette 17e édition de la Mini Transat. Les airs de samba étant pour bientôt.

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  Olivier et la ligne de conduite
 


LUNDI 12 OCTOBRE

Sixième au pointage de ce lundi matin, neuvième jour de course depuis le départ de Funchal, Olivier garde la cadence et reste donc au contact des premiers. Avec seulement 27 milles de retard sur le Faber France de Thomas Ruyant, chef de meute du triumvirat où l'on retrouve également Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement) et Henri-Paul Schipman (Maison de l'Avenir Urbatys), les leaders du classement général, Cap Monde progresse toujours avec l'alizé de nord-est ayant tendance maintenant à perdre de sa superbe.

La zone de convergence intertropicale approchant, le facétieux Pot au Noir, il va lui falloir appréhender la façon de passer au mieux cette frange océanique tampon, un bandeau mobile et imprévisible pouvant atteindre 250 kms de large où les microsystèmes sont rois.

Et là, l'expérience et le flair ont leurs mots à dire. « Nous avons tous les jours un bulletin météo diffusé par BLU avec des prévisions sur les 48 heures à venir, » précisait Olivier avant le départ de Madère. « Des prévisions sur les zones de navigation où nous nous trouvons et nous donnant la direction et la force du vent, l'état de la mer et des informations complémentaires. Tout cela est détaillé par tranches de 12 heures. On enregistre tout cela en essayant de tracer sur des fonds de carte ces situations météo pour après choisir notre route. La fiabilité reste toujours relative, et, par expérience, je sais qu'il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre. Il faut donc souvent se fier à nos intuitions qui sont souvent les bonnes... En tous les cas, suivre une ligne de conduite et s'y tenir. Comme nous n'allons pas très vite, il serait stupide de retraverser le plan d'eau pour aller chercher quelque chose de différent, » rajoutait-il.

Dans ces régions les plus exposées au soleil du globe, Olivier se doit de garder la tête froide. Subir, mais prendre son mal en patience pour trouver la brèche permettant de gagner les alizés de sud-est de l'hémisphère où les hommes ont la tête en bas.

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  Bien dans le rythme
 


VENDREDI 9 OCTOBRE

Pointé ce matin à la sixième place du classement général, Olivier trace sa route de manière soutenue. Sa moyenne de 9,84 noeuds en 24 heures prouvant qu'il profite pleinement des alizés de Nord-Est et du potentiel de son Cap Monde. Ces vents semblent bien établis sur la route vers l'archipel du Cap Vert dont les îles au vent devraient être doublées la nuit prochaine. Avec près d'un tiers du second parcours avalé par les leaders de cette 17e édition de la Mini, ce deuxième juge de paix après les Canaries doit titiller tous les esprits.

Le pointage de ce soir devrait en tous les cas expliquer les stratégies choisies par ce peloton de tête. Si la route directe propose de couper le fromage en deux, les plus affûtés tenteront sans aucun doute de choisir leur part sur ce plan d'eau semé d'embûches. Tout en sachant que pour des raisons de sécurité, le passage entre l'île Maio, la plus à l'Est, et l'île de San Antao, son opposée plus au Nord, demeure marque de parcours.

De ce franchissement de ces terres volcaniques et désertiques dont le point culminant est le Pico de Fogo sur l'île du même nom, avec 2829 m, sera conditionnée la suite du parcours vers le fameux Pot au Noir, pont-levis vers l'hémisphère Sud. Mais ceci n'est pas encore au goût du jour.

Avec une cinquantaine de milles de retard sur le chef de meute, Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement), qui taillait ce matin une route délibérément méridionale, Olivier reste donc bien dans le rythme et avec raison gardée devrait aborder au mieux la suite de l'aventure.

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  Les alizés, allez-y !
 


MARDI 6 OCTOBRE

Huitième au classement général ce matin, Olivier se retrouvait dans des vents plutôt faibles après le passage de l'archipel des Canaries mais certainement satisfait d'avoir franchi le premier écueil sans encombre entre les îles Gomera et Tenerife. Adepte de la voie médiane pour gagner au plus tôt les vents portants de nord-est le long des côtes africaines, il concédait quelques 25 milles de retard sur un groupe de six emmenés par Stéphane Le Diraison (Cultisol-Marins sans Frontière), Henri-Paul Schipman (Maisons de l'Avenir-Urbatys) et le leader du classement général, Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement).

Si l'option Est auprès des îles de Fuerte Ventura et Gran Canaria choisie par quatre irréductibles semble pour l'instant avoir fait pchitt, celle de l'Ouest, adoptée par un nombre retreint d'inconditionnels de la route la plus directe, semble non dénuée d'atouts. Elle avait en plus l'intérêt d'éviter les dévents générés par les hautes terres.Thomas Ruyant (Faber France) devançait même Olivier au pointage de ce mardi matin avec une vitesse supérieure de 1,5 noeud par rapport au skipper de Cap Monde.

Reste maintenant à plonger vers ces sacrés alizés prenant leur envol auprès des côtes du Sahara Occidental. Des alizés synonymes de vents portants et donc de glissades vers les îles du Cap Vert qu'ils ne devraient pas atteindre avant trois voire quatre jours pour les premiers.

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  La 1ère étape en images - épisode 1
 


VENDREDI 2 OCTOBRE


Le 1er épisode en images de ma première étape est en ligne sur le site Voilesetvoiliers.com. Le second épisode demain ...

La deuxième étape part demain samedi à 14h00 locale - 15h00 heure française. Dans l'aprés-midi la présentation de cette étape Madère - Salvador de Bahia.

A bientôt au Brésil
Olivier

Voir la vidéo sur le site voilesetvoiliers.com ici

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  À l'assaut du meilleur
 


VENDREDI 2 OCTOBRE

Droit dans ses bottes, Olivier s'élancera demain à 14 h de Funchal pour sa deuxième transatlantique à destination de Salvador de Bahia après celle de 2005.
Les péripéties du premier tronçon entre La Rochelle et l'archipel de Madère balayées, place à la chevauchée vers la baie de Tous les Saints, terme des 3100 milles de croupes de vagues à cravacher. Un parcours de sauts d'obstacles aussi variés que compliqués pour le skipper du proto Cap Monde bien décidé à faire un résultat : « Le classement général n'étant plus dans mes objectifs, l'idée est d'être dans les premiers au Brésil. Il y aura plusieurs passages stratégiques. Les îles Canaries, le Cap Vert et la traversée du fameux Pot au Noir que l'on devrait appréhender à mi-course. »

Saugrenue, une dépression est déjà là pour compliquer la tâche des 83 skippers encore en course : « Dès le départ, nous allons être confrontés à une situation peu banale, avec des vents de secteur Sud générés par une dépression stationnaire centrée sur les Açores. Et là, deux options se dessinent pour passer les Canaries au près. Soit à l'Ouest, soit à l'Est. Cette dernière pouvant nous permettre de toucher plus rapidement les alizés le long des côtes africaines mais ayant l'inconvénient de rallonger la route d'une manière significative. Je pense prendre ma décision demain matin après consultation des avis de Jean-François Bonnin de Météo Strategy et Tanguy Leglatin, mon coach. »

Son système de barre fiabilisé en France et réinstallé il y a deux jours, le rangement du bateau et quelques menus travaux ayant été réalisés au cours du long stand by, l'ultime journée sur l''îlot portugais devait être consacrée à l'avitaillement en produits frais et donc à l'étude des cartes. Serein avant le grand saut, Olivier, confiant dans son fringant coursier, sait qu'il peut écrire de belles pages sur cette édition de la Charente-Maritime/Bahia taillée une nouvelle fois pour l'aventure.

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  La 1er étape en images - épisode 2
 


VENDREDI 2 OCTOBRE

Le 2nd épisode en images de ma première étape est en ligne sur le site Voilesetvoiliers.com.

On partira demain samedi au prés, face au vent jusqu'aux Iles Canaries, ce sera un peu long pendant 48 heures ... puis nous devrions toucher les alizés de nord-est jusqu'au Cap Vert, aprés avoir traversé un axe anticyclonique et ses vents faibles qui nous barreront la route. Que du bonheur !

A bientôt au Brésil
Olivier

Voir la vidéo sur le site voilesetvoiliers.com ici

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